Les «agricultures de firme», et, plus particulièrement,
l'évolution de l'exercice de l'activité agricole,
de son organisation et de sa gestion, vont-elles transformer
l'agriculture mondiale ?
Notre démarche vise à rendre compte ici d'une forme
d'agriculture encore impensée par la communauté
des ruralistes. Le développement de structures hautement
capitalistiques sur le marché des matières
premières agricoles, l'émergence de nouveaux statuts
juridiques relatifs aux catégories d'exploitations
et l'arrivée, sur la scène agricole, d'acteurs étrangers
au secteur témoignent en effet d'une rupture avec le
modèle familial traditionnel consacré par les grandes
politiques de la seconde moitié du XXe siècle.
À l'échelle de la planète et parallèlement à une agriculture
familiale «sociétaire» abstraite apparaissent
des agricultures de firme complexes portées par
des investisseurs qui cherchent à sécuriser leurs
approvisionnements en matières premières agricoles
et/ou à maximiser leurs placements financiers.
Ces agricultures reposent notamment sur la multiplicité
des prises de décision et sur une mobilisation
forte de ressources matérielles et immatérielles
d'origine non agricole.
De la France à l'Indonésie, l'Argentine, l'Afrique du Sud
et la Chine en passant par l'Europe centrale et la
Russie, les textes réunis dans ce volume montrent que
des formes d'intervention, globales et mondialisées,
modifient en profondeur les agricultures nationales.