1992. Un fermier de Long Island découvre dans une malle de son grenier quatre gros carnets rongés par l'humidité. L'expert qui les examine n'y croit tout d'abord pas : il s'agirait des journaux intimes du peintre hollandais Frans Hals...
Peter Van Overloop, étudiant à l'université de Columbia, est bientôt chargé par un marchand d'art new-yorkais de traduire les quatre volumes. A mesure qu'il avance dans son travail, Peter s'aperçoit que ces carnets racontent une histoire qui, pour dater du XVIIe siècle, n'en est pas moins en résonance avec sa propre vie. Les déboires financiers et sentimentaux du peintre ne sont-ils pas aussi un peu ceux de l'étudiant - les préoccupations de cet homme du XVIIe siècle celles d'un jeune homme à l'aube du troisième millénaire ?
Mais la fascination de Peter pour Frans Hals va bientôt se heurter à une question cruciale : ces carnets sont-ils authentiques, ou l'œuvre d'un habile faussaire ?
Pour son premier roman, Michael Kernan réussit une prouesse d'écriture : traduire le va-et-vient incessant entre passé et présent à travers la restitution par un lecteur moderne d'un document apocryphe du XVIIe siècle. Mais plus que cette prouesse, plus que l'atmosphère parfaitement rendue de la Hollande au temps de Hals et de Rembrandt, plus même que l'aspect policier de l'enquête menée par Van Overloop, c'est dans l'évocation incroyablement vivante et attachante du peintre que Kernan parvient à nous séduire - et à nous toucher. Une grande réussite.