Animé, notamment, par le désir de mieux connaître le passé de mon terroir natal et d’introduire de nouveaux éléments d’histoire locale dans mon enseignement, j’entrepris en 1977 des recherches dans les archives communales de Saint-Méen. Interrogé, plus que satisfait, par les documents consultés, et gagné par la passion, je fus naturellement amené à élargir le champ de mes investigations et à puiser des informations à d’autres sources. Ainsi, les suggestions de la toponymie, confirmées par des vérifications sur le terrain, m’incitèrent à pousser plus avant mes recherches. De même, divers patronymes, à consonance française — et non bretonne —, rencontrées dans les registres cadastraux m’intriguèrent et m’amenèrent à me rendre compte que si les bourgeois, souvent allogènes, de Brest, Landerneau, Lesneven, méprisaient les paysans, ils ne dédaignaient point, par contre, les terres que ceux-ci exploitaient. L’histoire de l’évolution de la population mévennaise posait toute sorte de problèmes relatifs à la natalité, la mortalité (disettes, famines, épidémies...), l’exode rural, aux directions prises par les migrants. L’étude du système social et d’un certain mode de vie, aux racines profondes fut d’autant plus intéressante que je les vis se dissocier au cours de mon enfance et de mon adolescence, c’est-à-dire à un âge où la mémoire est tenace. J’ai assisté, de la même manière, à une transformation radicale de l’agriculture. Il était, par ailleurs, intéressant de relater les événements de 1902, suscités par l’expulsion des sœurs, et d’y chercher des explications.