Comment, après trois siècles, le théâtre de Molière peut-il rester si jeune et susciter sans cesse de nouvelles lectures ? Son extraordinaire santé n'est pas due à son seul contenu. Jacques Copeau a bien vu que " cette efficacité est propre à l'écriture théâtrale et aux moyens qu'elle met en œuvre ". L'étude des mécanismes d'écriture révèle la manière dont Molière, conscient des contraintes imposées par les conditions spécifiques de la représentation, a complètement stylisé son dialogue pour en accroître l'efficacité dramatique ; en jouant sur les éléments verbaux autant que paraverbaux du langage, il a élaboré une écriture dont l'une des caractéristiques majeures est d'être constamment sous-tendue par de multiples effets formels, qui en assurent la plasticité. Outre l'étude des mécanismes du dialogue moliéresque, le présent ouvrage souhaiterait apporter une contribution méthodologique à la stylistique dramatique.