Par la diversité de ses courants, de ses écoles, la poésie russe
contemporaine est aussi foisonnante que celle du début du siècle
dernier, explique Konstantin Kedrov dans la préface à cette
anthologie.
Après la chute de la dictature soviétique en 1991, on s'est aperçu
que les courants interdits dans les années trente étaient toujours
bien vivants. Le symbolisme mystique reprenait de la vigueur
avec Akhmadoulina, Koublanovski, Sedakova, Kekova, une
nouvelle forme issue du futurisme voyait le jour avec Sosnora,
Katsuba et Schwartz, le classicisme traditionnel perdurait sur
des thèmes nouveaux avec Kouznetsova, Pavlova, Ermakova,
Ameline et la poésie lyrique se renouvelait en devenant moins
chaste, plus érotique, parfois même franchement hardie.
Cette anthologie - qui paraît à la suite du recueil Dépôt (2001)
publié par La Différence en collaboration avec l'université Natalia
Nesterova de Moscou - se propose de faire découvrir des poètes
très différents sans privilégier ni écarter des tendances opposées.
Comme l'écrit Boris Lejeune : «La voix de chacun des vingt-cinq
poètes forme un choeur polyphonique qui chante la mélodie
de la vie, constante dans son infini renouvellement.»