Les Lectures de Marguerite Duras constituent une bibliothèque
imaginaire d'un écrivain qui fut aussi - comme tous les
grands auteurs -, une lectrice passionnée. Elle reconnaissait
volontiers sa dette : «Moi j'écris avec Diderot, j'en suis sûre,
avec Pascal, avec les grands hommes de ma vie, avec Kierkegaard,
avec Rousseau, j'en suis sûre, avec Stendhal».
Par-delà les influences revendiquées, agissent également des
influences inavouées, voire inconscientes. La superposition
des lectures joue avec l'oubli, à l'intérieur du texte in progress.
«Moi j'écris (...) avec les autres, mais totalement à mon insu»,
dit Duras. Comme un voyage, une exploration, une expédition
dans la fabrique de l'écrit, les différents textes rassemblés
ici éclairent la création littéraire en l'inscrivant dans une
histoire qui, certes littéraire, est aussi une histoire politique
et une histoire des arts en général (sculpture, photographie,
cinéma...).
La solitude de l'écrivain apparaît éminemment peuplée, et l'intelligence
du texte permet de donner à l'oeuvre de Marguerite
Duras une lumière nouvelle en aiguisant toujours davantage
nos propres lectures.