L'Asie centrale évoque immanquablement les routes de la soie et les splendeurs d'antan de Boukhara et de Samarcande, le «Grand Jeu» anglo-russe du siècle dernier et, plus récemment, les rivalités de puissances autour de l'enjeu pétrolier caspien. L'auteur se propose d'aborder ici un autre aspect de cette nouvelle Asie centrale : le conflit post-soviétique au Tadjikistan.
Située à la frontière d'un Afghanistan en guerre depuis vingt ans, le Tadjikistan jouxte les aires géopolitiques russe, chinoise, indo-pakistanaise, persane et désormais ouzbèke. L'unique république persanophone d'Asie centrale a été prise, au lendemain de son indépendance, dans la tourmente des recompositions identitaires, exacerbées par une situation économique difficile, pour rapidement sombrer dans une sanglante guerre civile, qui a fait depuis 1992 des centaines de milliers de morts.
Quelle est la nature et quelles sont les causes de ce conflit ? Qui en sont les acteurs ? Comment le champ politique s'est-il structuré ? Quel est le poids des héritages soviétiques, ainsi que celui du facteur identitaire ? Quel rôle attribuer aux puissances extérieures dans ce conflit ?
Après avoir brossé un tableau de l'Asie centrale pré-coloniale et soviétique, en s'attachant à l'ethnogenèse et la morphogenèse du Tadjikistan, l'auteur apporte un éclairage sur un conflit trop peu connu et situé dans une zone «géopolitiquement» sensible.