La thèse du «primat de la pratique» a-t-elle un sens acceptable ?
Peut-on soutenir l'idée que l'intervention active et transformatrice
dans le monde est plus importante que l'observation du monde et que la
connaissance désintéressée de soi et des phénomènes, antérieure à elles
ou encore plus caractéristique de l'existence humaine en général ? Cet
ouvrage cherche à montrer que la réponse positive à ces questions
s'impose très clairement. Sous la forme d'un bilan critique de l'apport
des grands courants de la philosophie contemporaine qui, à un titre ou
à un autre, ont orchestré le principe de «primat de la pratique» (du
marxisme au pragmatisme, de la phénoménologie au post-modernisme),
il voudrait en tout cas illustrer une problématique qui a profondément
marqué l'anthropologie moderne et continue à enrichir notre idée de la
relation que la philosophie peut entretenir avec son époque et avec les
luttes qui le divisent.