La mondialisation des échanges a pour corollaire une mondialisation des
activités des organisations criminelles. Celles-ci ont su profiter des failles
d'un ordre juridique bâti sur le principe de territorialité pour développer à
l'international leur sphère d'influence et leur pouvoir économique. Dans
les faits, cette nouvelle transnationalité des activités criminelles reste
largement impunie : les services de répression restent malheureusement
trop ancrés dans des schémas nationaux et la coopération internationale
bute sur la souveraineté de chaque État. Un des symptômes forts de cette
situation est l'accroissement des fonds d'origine illicite qui, une fois
blanchis, gangrènent l'économie légale.
Cette criminalité «entrepreneuriale» n'est malheureusement pas la seule
composante du crime organisé. En effet, le XXIe siècle a débuté par
l'apparition sur la scène publique de la menace majeure que constitue
l'hyperterrorisme. Les événements du 11 septembre 2001 ont révélé
qu'une organisation criminelle pouvait faire trembler le monde. Les
attentats du 11 mars 2004 à Madrid ont confirmé la menace. Là encore, les
aspects financiers sont importants : sans ressource une organisation
terroriste devient infiniment moins dangereuse. En effet, découvrir et
analyser ses structures de financement doit permettre à terme de la
neutraliser ou au moins de diminuer ses capacités d'action.
Cet ouvrage s'attache à analyser les enjeux stratégiques pour nos
démocraties de la lutte contre la finance criminelle. Il réunit les meilleurs
spécialistes français et propose une réflexion approfondie sur les
conséquences de la criminalité financière pour nos États de droit.