Deux ans après les débuts des événements qualifiés de «printemps arabe»,
alors que la situation est souvent chaotique dans les pays concernés et que
l'Algérie reste bloquée dans un immobilisme inquiétant, la notion d'«exception
marocaine» s'impose comme une évidence.
Contrairement à d'autres, en effet, le royaume du Maroc, qui s'inscrit
dans une logique réformiste, n'est pas entré dans la spirale périlleuse de
la contestation, de la révolte et de l'anarchie. Il a su échapper aux illusions
de la violence tout en parvenant, au milieu des tribulations qui secouaient
la région, à se donner une nouvelle Constitution puis à la mettre en oeuvre
d'une manière satisfaisante, avec les élections législatives de novembre 2011
et la formation d'un nouveau gouvernement, tout en maintenant le cap du
développement global fixé par le roi Mohammed VI.
C'est donc aux caractéristiques, mais aussi aux racines et aux promesses
de cette «exception marocaine», que s'intéressent dans cet ouvrage une
quinzaine d'universitaires et d'observateurs, juristes, historiens, économistes
ou sociologues, à un moment où l'actualité politique rend une telle réflexion
particulièrement urgente.