La construction européenne, en particulier le
projet d'une société de la connaissance, invite
à réexaminer les rapports entre le savant et le
politique. Infléchissant les formes de l'Etat, la
constitution d'un nouvel espace politique et
scientifique transforme les conditions et les
modalités de l'action publique, tout comme
celles de son analyse.
L'action se trouve désormais placée au coeur des
débats des sciences sociales. Alors que la convocation
du savoir dans la production des politiques
publiques se généralise, la problématique
de l'action constitue un enjeu théorique majeur
des sciences sociales contemporaines. Quelles
sont les implications d'une science tournée vers
l'action et engagée dans des procédures d'expertise
et d'évaluation ? Quelles conséquences en
découlent pour des sciences sociales européennes
? Comment concilier sur un plan cognitif
des exigences d'universalisme et de généralité
avec la pluralité des héritages nationaux et
disciplinaires ?
C'est à une réflexion sur le renouvellement des
rapports entre Etat, action publique et sciences
sociales que nous convient les auteurs de cet
ouvrage à partir d'une comparaison entre la
France et l'Allemagne, sur des sujets aussi
sensibles que l'évaluation de l'action publique,
l'islam ou les politiques de l'emploi.