Edmond Amran El Maleh est né en 1917 à Safi (Maroc), au sein d'une famille juive séculaire. Après avoir milité et participé à la lutte pour l'indépendance nationale du Maroc, comme l'un des responsables du Parti Communiste Marocain, il cesse en 1959 toute activité politique.
Dans la continuité de ces activités, il publie, à partir de 1980, une série de romans : Parcours immobile, Aïlen ou la nuit du récit. Mille ans un jour. Le Retour d'Abou El Haki, et un recueil de nouvelles, Abner Abounour. El Maleh est également l'auteur de plusieurs livres dont L'Oeil et la Main ; Oeuvres d'El Khalil El Ghrib et Jean Genet : Le captif amoureux et autres essais (1988). Ces essais sont une restitution de quelques figures majeures des cultures judéo-ibéro-marocaines dont le lieu de naissance est ce territoire sans frontière qui va du Léon espagnol au lointain Todgha, des communautés berbères du Haut Atlas marocain jusqu'aux confins sahariens.
Plutôt que d'écrire un texte sur El Maleh, ce livre s'efforce de suivre le mouvement concret et génésique qui se fonde sur le besoin de cet écrivain et penseur jadéomarocain de créer un univers textuel qui croît, étend ses ramifications et fait germer les récits à partir et autour de le blessure ouverte par le déracinement de la quasi totalité des communautés juives du Maroc et de leur départ pour l'Orient, l'Amérique ou l'Europe. En décrivant ce mouvement, ce livre tente de contribuer à rendre possible une critique de l'économie politique de l'écriture.