Pour le dixième anniversaire de sa mort, les admirateurs (philosophes et économistes) de Georges-Hubert de Radkowski se sont réunis pour lui rendre hommage sous le titre «Monde ouvert, pensée nomade».
Georges-Hubert de Radkowski est le type même de l'intellectuel qui, en dehors des modes et des chapelles, a construit patiemment une œuvre restée inachevée. Son influence s'est exercée aussi bien sur des intellectuels comme Henri Lefebvre, Jean-Pierre Vernant, René Girard ou Michel Deguy, avec lesquels il a entretenu des relations d'amitié profonde, que sur des chercheurs en sciences humaines.
Méditant longuement son œuvre, sans recherche de l'effet grand public, Radkowski est aussi représentatif de cette catégorie de penseurs qui travaillent dans une langue étrangère à leur langue natale et bénéficient ainsi d'une double nationalité intellectuelle. «Je n'aurais pas pu penser ma philosophie si je n'avais pas appris le français», aimait-il à dire.
Né en 1924 en Pologne, Georges-Hubert de Radkowski participe en 1944 à l'insurrection de Varsovie. A la Libération, il fonde la revue indépendante Znak, qui lui rendra hommage dans un numéro spécial de 1956. En 1947, il s'installe en France. De 1962 à 1967, il dirige la collection «Recherche de l'Absolu» chez Plon. Il enseigne à l'Institut d'urbanisme de Paris (actuellement à Paris XII) à partir de 1966 et développe des travaux originaux en anthropologie en étudiant le sens de l'«habitat» dans l'espace moderne. Il est également chargé de cours à l'Université Paris VII.
En 1980, il publie Les jeux du désir, premier volume de ce qu'il conçoit comme une tétralogie sur la construction de l'humain dans l'espace socio-économique moderne. Elle sera poursuivie en 1987 par Métamorphoses de la valeur. Il meurt la même année, laissant son œuvre inachevée.