Que signifie pour nous, aujourd'hui, le nom de «Valéry» ? Que désigne ce nom propre et quelle en est la propriété ? Qui se signe et se désigne ainsi, sous les initiales «V» ou «PV», sous le monogramme imité de celui de Mallarmé ? Questions plus difficiles qu'il n'y paraît de prime abord, dans la mesure où elles rouvrent la problématique de la représentation de soi dans la littérature du XXe siècle.
Ces Figures proposent différents portraits d'un Valéry possible, se remettant obstinément en cause, dans le miroir des autres où il se donne à lire. On le devinera tour à tour sous les traits de Tinan, de Degas et - très constamment - de Mallarmé. On le distinguera encore dans le regard des femmes aimées qui lui renvoient l'image de ce qu'il ignore de lui-même... Tableau multiple qui le donne à voir en ceux qu'il dessine et qui le dessinent en retour.
Mais cet essai sur Valéry est aussi la manifestation d'une profonde conviction que le texte littéraire reste le plus authentique reflet des mutations d'une époque. Autour du poète, selon ses différentes figurations dans les OEuvres, les Cahiers, mais aussi dans une Correspondance souvent inédite, c'est le diagramme d'une «crise» profonde que l'on a voulu retracer, crise dont - un siècle plus tard - on mesure enfin toute l'importance pour la modernité.