Il n'est pas rare de nos jours d'entendre parler d'un moment
d'illumination ou de choix pour Dieu qui se produirait au
moment de la mort et qui permettrait à toute âme de se ressaisir,
de réévaluer sa vie et de s'orienter par rapport à Dieu et au
Christ. S'agit-il d'un développement légitime de la doctrine
sur les fins dernières permettant d'expliquer le salut de tous les
hommes ou, au contraire, d'une théorie qui met en cause l'un
des enseignements les plus fondamentaux de l'eschatologie
chrétienne, à savoir l'unicité de la vie et la rétribution immédiate
selon l'état où l'on se trouve au moment de la mort ?
L'auteur s'est penché de près sur cette hypothèse dite de
l'option finale dans la mort, l'étudiant en soi, puis la confrontant
avec une saine anthropologie ainsi qu'avec les données de la
foi catholique concernant le destin éternel des hommes, lequel
dépend étroitement de leur vie en ce monde. Les conclusions qui
s'imposent mettent en garde contre l'illusion d'une réorientation
après cette vie et constituent un encouragement à prendre au
sérieux la vie présente et à se servir des moyens qui nous sont
offerts hic et nunc pour nous orienter vers Dieu. C'est ici-bas, et
non pas après la mort, que l'on se sauve ou que l'on se perd.