C’était un temps où le travail, si dur qu’il soit, appelait toujours la fête. Les battages, les vendanges, la cuisine du cochon, l’alambic, les veillées revivent dans leur simplicité vraie, avec les mots justes, la saveur des gestes et des expressions. Avec leurs acteurs, ces personnages hauts en couleurs et forts en gueule qui, depuis Rabelais, n’ont, chez nous, pas beaucoup change... Je me suis longtemps demandé pourquoi les hommes étaient absents des aquarelles de Troussicot. Et voilà que l’écrivain dévoile ce que le peintre n’avait pas pu, su ou osé dire sur la toile. Les hommes, les femmes, les gamins, les animaux familiers habitent maintenant ces villages, ces bourgs et ces champs où on ne les voyait jamais... Henry-Pierre Troussicot “assimente” joliment - entendez qu’il assaisonne - ces savoureux récits de sa verve et de son enracinement profond dans sa Vendée laborieuse et joyeuse. Et, comme les piquets, au bout des virées de Noah et d’Othello*, tout ça est drôlement bien chacoté Gilles Bély * Il ne faut pas croire que le Yannick se soit livré à quelques répétitions de la pièce de Shakespeare dans un coin de vigne. Pour ceux qui l'ignoreraient, le Noah et l'Othello sont des cépages importés d’Amérique pour reconstituer la vigne ravagée par le phylloxéra à partir de 1850 environ.