Un Français âgé de vingt-sept ans arrive un jour de l'année
1536 à Genève, ville que l'on dit la plus sale et la
plus paillarde d'Europe. Son nom : Jean Calvin. Avant
d'en devenir le maître, il livre une lutte à mort contre les
ennemis de l'intérieur, ceux-là même qui l'ont accueilli,
et contre ceux de l'extérieur, parmi lesquels ses anciens
amis catholiques qui tentent de l'anéantir. Pour cela, ces
derniers possèdent une arme de destruction massive :
la peste.
Car cette Cité de Dieu, Jérusalem nouvelle, devient le
havre de ces hérétiques que l'on appelle "protestants". Si
Calvin crée pour eux une ville cosmopolite, pour beaucoup
de Genevois il reste "le Français", un étranger, un
homme à abattre, pourfendeur de leurs libertés et juge
de leur quotidien, qui leur impose jusqu'à la couleur
des vêtements et la forme des chaussures.
Désormais, catholiques et protestants forment deux
blocs qui se font face. Dans un camp comme dans l'autre,
il y a des excommuniés, des résistants. L'âpre théorie
des guerres de religion peut commencer de dévaster
l'Europe. On sait qu'en France le protestantisme restera
la religion d'une élite de vaincus.
De son enfance à son apogée, Calvin raconte l'Histoire
qu'il traverse et celle qui le traverse. Il livre ses choix,
ses doutes, ses moments de grâce et de courroux, avec
la cadence folle d'un homme à la fois offensif et bien-veillant,
impétueux et sensible. Un récit historique, familier
et violent, où Nicolas Buri dépeint des personnages
saisissants d'humanité.