Cette livraison des Carnets du paysage a pour objectif, d'une
part, de rendre compte des divers types d'utilisation que les paysagistes font ou pourraient faire de la
cartographie, aussi bien dans leurs pratiques de projet que dans des approches plus "pédagogiques" qui
les mettent aux prises avec des élus, des commanditaires ou des étudiants. Mais elle cherche également,
d'autre part, à témoigner de la vitalité actuelle des recherches sur la cartographie dans des domaines
aussi divers que l'histoire de l'urbanisme et des territoires, les arts visuels ou la théorie de la connaissance,
entre autres. Des recherches qui illustrent parfaitement l'extraordinaire inventivité plastique dont
la cartographie a été le prétexte et le support depuis quelques années. Et qui, surtout, montrent qu'il n'y
a pas aujourd'hui une mais des cartographies, des pratiques cartographiques très diverses.
Toute carte instaure un monde autant qu'elle le révèle. Elle peut conduire à la rêverie ou à l'exploration
alors même qu'elle revêt les apparences les plus austères de la science. Elle signale que le réel et
l'imaginaire sont des provinces parentes dans le pays de la vérité, et que les cartes d'artistes en disent
tout autant sur l'imagination géographique d'une culture que les productions les plus rigoureuses de
la cartographie scientifique ou que les propositions les plus audacieuses des paysagistes.