Comment ne pas aimer ce beau mélange où l'on philosophe sur le péché, le grâce et le salut, posément, autour d'une tombe, sur les lieux mêmes où l'on a vu le crime tout près de s'accomplir, le cadavre d'une sainte épouse à un doigt du viol ? Comment refuser cette théologie appliquée, ces travaux pratiques de la charité ? Un aussi bon ménage de l'érotisme et de la rhétorique ne s'affiche guère, sous nos cieux post-modernes, que chez Bataille et surtout Klossowski, qui n'oublia jamais que Satan est un ange.
Cet objet littéraire nous parvient de la nuit des temps, du Xe siècle de notre ère : une chanoinesse saxonne, sous le règne d'Otton, y écrivit, en latin, des poésies et six Drames dont celui-ci, qui font d'elle le premier poète allemand et le premier dramaturge «moderne» dont nous ayons connaissance.