Faillites retentissantes et scandales financiers ont propulsé les agences
de notation sur le devant de la scène. Très écoutées outre-Atlantique,
Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings sont largement contestées
en Europe et en France. Sans doute parce qu'elles détiennent un
pouvoir énorme. Leur rôle est d'émettre un avis sur la capacité de
remboursement par une entreprise de la dette qu'elle a contractée, à
travers une échelle de notes qui va de «triple A» à D. Investisseurs
et émetteurs, tous ont la hantise de voir les notes tomber dans la catégorie
spéculative, au niveau «simple B». Car, une fois ce seuil
franchi, l'entreprise n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Face au pouvoir grandissant des agences, la polémique ne cesse
d'enfler autour de leurs méthodes : Engendrent-elles des désordres
financiers au lieu de les prévoir ? Peut-on tout noter ? Les relations
commerciales qui les lient aux entreprises ne faussent-elles pas
leurs jugements ? Est-il acceptable de n'avoir le choix qu'entre
trois agences, américaines de surcroît ? Abondamment relayés par
la presse économique, les points de vue les plus contradictoires
viennent s'affronter, engendrant ainsi une véritable cacophonie.
Ce livre vient à point nommé pour permettre à chacun de se faire
une idée objective du sujet. Écrit par deux anciens analystes, il offre
une vision informée sur le fonctionnement des agences, leurs
comités de notation, leurs méthodologies. Plus encore, il s'inscrit
dans le débat actuel en traitant les questions restées en suspens :
Faut-il créer une agence de notation européenne ? Les entreprises
vont-elles réagir juridiquement face aux opinions des agences ?
Démontant les idées toutes faites, Catherine Gerst et Denis Groven
proposent avec ce livre un état des lieux soigneusement argumenté
et une véritable réflexion sur le devenir de l'activité de notation.