L'analogie de la vision est souvent mise à contribution par les philosophes
pour penser la connaissance intellectuelle. À moins que ce ne soit l'inverse, et que
les noétiques de l'Antiquité à la Renaissance n'aient conditionné le statut de la
lumière et de la Ténèbre ? Ces actes de deux colloques qui se sont déroulés dans
le cadre du CESR de Tours proposent une approche pluridisciplinaire du
problème. Comment les recherches sur la nature de la lumière offrant un accès au
visible conditionnent-elles en retour la pensée de cette extériorité ? Comment
s'expriment-elles en termes philosophiques à l'aube de la Renaissance ? Quel
rôle philosophique joue à cette époque charnière l'élaboration des théories
scientifiques de la lumière ? Si le savant peut encore prétendre à une intelligibilité
croissante, les peintres renaissants, qu'ils soient italiens ou flamands, travaillent
à accroître le contraste entre l'étendue du visible et la profondeur du mystère.
L'émergence de la Ténèbre comme horizon philosophique est plus sensible
encore lorsque celle-ci s'élève aux sommets de l'intelligible pour rencontrer la
mystique de la nuit obscure. Au temps du nihilisme où la métaphysique désespère
de l'être même, l'exploration de la lumière et des ténèbres ne peut-elle ouvrir des
voies nouvelles ?