Se démarquant des moralistes français du XVIIe siècle, les philosophes
anglais opposent à la thèse de la tyrannie de l'amour-propre
celle du moral sense, que les Français traduisent par
«sentiment moral». Dans les essais ici réunis, textes conçus pour
les journées du «Groupe d'étude des moralistes» (CELLF 17e-18e
siècles, de l'Université de Paris-Sorbonne), on s'interroge sur
la nature de ce sentiment moral, sur sa réalité et ses effets, sur
ses rapports avec le sentiment esthétique. Il en ressort que le
sens et la portée du sentiment moral se modifient au XVIIIe siècle
tant dans la réflexion morale et philosophique que dans la littérature
: le roman et la tragédie des Lumières l'exaltent, l'épreuve
de la fiction vient enrichir d'inflexions inédites le concept élaboré
par philosophes et moralistes.