De la grotte au village et du village à la cité, l'Algérie se dilate aux dimensions d'un monde. Toute une cohorte d'hommes le traverse les emmurés vivants, ceux qui fuient ou ceux qui sont morts, ceux qui resteront libres même dans l'enceinte de l'hôpital psychiatrique (les plus lucides ne sont pas ceux qu'on croit). L'auteur se glisse dans leur peau, épouse leur point de vue jusque dans leur délire, leurs cauchemars ou leurs rêves. Il regarde en face et sans ciller la solitude de l'idiot, celle de l'ermite, du chef d'Etat, du fou, celle aussi de l'écrivain en proie à la peur ou au remords - qui peut se dire exempt de sauvagerie ? Il est dépositaire d'une Histoire terrible dont il s'évade jusqu'au fantastique, sans refuser la tendresse ni l'humour. La femme passe dans ces nouvelles comme un mirage, proie difficile, espionne, putain, messagère de la mort et force politique. Chaque silhouette, nettement, se découpe en noir sur fond de brasier.