Mame-loshn, "langue maternelle" des juifs d'Europe orientale, des
petites gens, parler du quotidien, de la culture populaire et
de la littérature, le Yiddish vieux de plus de mille ans a été effacé
en quelques années par la barbarie nazie. Comment retrouver
l'essence de cette langue, la singularité de ce monde et
de ces cultures englouties ?
Dans une évocation érudite, vivante et émouvante, Miriam
Weinstein nous fait rencontrer les hommes et les femmes qui
ont transmis cette langue, cette culture et ceux qui l'ont oubliée
volontairement ou méprisée. À leurs côtés, on entend
la voix des gens qui l'ont simplement fait vivre au sein du shtetl
polonais ou russe, dans leur cocon familial, leur vie quotidienne.
Là, ils discutent, travaillent, cuisinent, plaisantent, chantent
en yiddish... Ce n'est pas seulement les mots d'un peuple mais
une langue de chair et de sang, un coeur que l'on sent battre.
Cinquante ans après l'Holocauste et la fondation d'Israël,
l'auteure nous raconte cet univers, dresse un état des lieux
aujourd'hui et nous alerte sur l'importance de la sauvegarde
du yiddish, support de l'histoire millénaire de la population
juive d'Europe orientale.