Marius Apostolo s'est éteint le 16 février 2007. Lui qui fut immédiatement
salué par la Cité nationale de l'immigration comme une "grande figure
de l'histoire de l'immigration et du mouvement ouvrier" a eu le temps
de faire le récit de sa vie dans Traces de luttes.
Son rappel des quartiers nord de Marseille, où il est né en 1924, égrène
ses frustrations d'enfant de parents immigrés pauvres mais aussi
ses batailles. Quand il raconte la scission du Mouvement de libération
du peuple en 1951, il revisite un conflit politique qui ne fut pas que
personnel. Il évoque les actions parfois dangereuses des années
1945-1950, ces années où il a inventé avec ses amis le mouvement
des squatters. Chez Renault-Billancourt, dont il fait un portrait haut
en connaissances inédites, il revit les grandes luttes menées par la CGT
dans les années 1950 et, à partir de 1980, l'écroulement de ces forteresses
syndicales. Quant à l'immigration, qui aura été son souci - et sa tâche -
pendant de longues années, son récit s'énonce comme une preuve :
l'immigration sera l'un des problèmes centraux du XXIe siècle.
Son "engagement entre utopie et réalité" durant le XXe siècle qu'il a vécu
avec passion invite à penser activement le présent. Il a mené une vie
sans compromission, l'engagement étant pour lui la valeur suprême sans
laquelle on n'est pas homme. Dans ce livre, Marius Apostolo a su dire
"je" sans abandonner le "nous" partagé, solidaire.