Les amoureux du vert sont contents de la vie et la prennent comme elle est. Pour eux, pas besoin d'élixir de jeunesse : il y a une rémanence de l'esprit d'enfance dans le vert. Pas davantage besoin de richesse : d'un signe, le vert indique les aspects fondamentaux de la vie.
Arraché aux mystères de la création, le vert est «une bonne couleur» pour les uns, «une mauvaise couleur» pour les autres, foncièrement ambiguë, basculant tantôt sur sa face claire, tantôt sur sa face sombre.
De cette couleur, nous évoquerons des aspects littéraires, car certains textes touchent quelque chose en nous, les maniaques du vert (Le songe d'une Nuit d'Eté, la littérature de la Prairie, le Haïku, etc...)
Nous rencontrerons aussi des écrivains chez qui la couleur verte est presque obsessionnelle (certains surréalistes, mais surtout Lorca : vert est son adjectif-recours quand il se sent désarmé devant les mots qui se refusent à lui.)
Nous égrènerons, bien-sûr, la symbolique du vert, forte et contrastée : vie qui commence, vie qui s'achève, destin, imagination, féerie, vie inconsciente, etc...
L'extrême richesse d'un thème condamne souvent à des omissions ; ici elles ne manquent pas : le vert, nouvelle transcendance à venir, les arbres wagnériens, l'obsession du vert chez le cinéaste J. Losey... Le lecteur complétera à son idée.