La littérature consacrée à l'Holocauste est riche en récits impressionnants, souvent atroces, de mort et de survie. Primo Levi, Elie Wiesel, André Schwarz-Bart ont fixé à jamais dans notre esprit les images-chocs d'un Mal monochrome, banal, indomptable. Puis, après ces tentatives d'exorcisme, sont venus des ouvrages montrant que, dans ce carnage, il y avait aussi des histoires de survie et d'humanité : «Europe, Europe» et «La liste de Schindler» en témoignent. «Rien que ma vie» raconte une histoire dans laquelle l'espoir tient la plus grande place. C'est celle d'un jeune Juif hollandais, Louis de Wijze. Grâce à son sens des opportunités et à la chance, Louis, après avoir affronté les exécutions, les marches mortelles, les travaux épuisants, le risque de mort par inanition, a réussi à survivre. Son parcours est plein d'une ironie saisissante et de beaucoup de chance. Il s'est introduit dans l'équipe de football du camp de la mort, jouant (très bien) pour distraire ses gardiens SS. Il a rencontré un contrebandier juif peu scrupuleux dont l'association avec un officier SS lui a sauvé la vie. Il a subsisté pendant plusieurs mois dans une cabane de fortune où sa tâche consistait à soigner des lapins pour la table de son maître. Finalement, à la fin de la guerre, Louis a été entraîné dans une interminable marche de la mort dans l'hiver polonais. Ceux qui s'écroulaient à l'arrière étaient fusillés, ceux qui ralentissaient gelaient debout, ceux qui s'endormaient étaient, le lendemain matin, transformés en cadavres glacés. A sa troisième tentative, Louis s'échappa et se cacha au sein d'un groupe d'épouses d'officiers SS de haut rang, qui fuyaient l'avance des troupes soviétiques. A travers toutes ces épreuves, Louis a persévéré ; son humanité et son espoir sans faille l'ont protégé. «Rien que ma vie» est le témoignage d'une indomptable volonté.