Certains scientifiques contemporains découvrent des limites à la raison disjonctive. Ils trouvent des vertus aux paradoxes (auto-organisation), souhaitent réhabiliter les notions de forme et de qualité (théorie des catastrophes), interrogent les notions d'ordre et de hasard (fractales, théorie du chaos).
Philosophes et artistes ont reconnu ces limites depuis longtemps. Leurs productions relèvent précisément d'une exploration des nuances et des ambiguïtés que celles-ci peuvent susciter. A l'heure où les sciences sont plus que jamais appelées en arbitre, ne serait-il pas utile d'écouter leurs doutes et de les confronter aux réponses formulées dans d'autres domaines ? La raison suppose l'ordre, mais quel ordre choisir : celui du rationalisme, efficace mais mortifiant, ou celui du relativisme plus fin mais non-constructif ? Dispose-t-on d'une autre alternative ?
Cet ouvrage identifie les principes philosophiques des sciences de la complexité. Il souligne leur intérêt face à ceux des sciences classiques, et précise leurs échos respectifs dans notre monde. En montrant comment le sens de toute construction, concrète ou abstraite, dépend des participants, il encourage à valoriser ce qui a du sens pour l'individu. N'est-ce pas en effet l'enthousiasme individuel qui permet la nouveauté ?