Un épisode ignoré de la vie de Pierre Loti : ayant toujours soutenu, par ses écrits et activités, la Turquie, l'écrivain avait attiré sur lui les sentiments d'hostilité des Arméniens. Au mois de novembre 1913, un an avant le déclenchement de la Grande Guerre, un jeune officier bulgare, Archag Torcom, d'origine arménienne, ancien élève de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, avait envoyé ses témoins à Hendaye. En son temps cette affaire eut un grand retentissement dans la presse parisienne, mais aussi internationale. Au dernier moment, l'écrivain fut remplacé sur le terrain par le champion d'escrime de France, Georges Breittmayer, et le duel eut lieu à Montmorency. Le challenger s'en est tiré avec une blessure grave à la poitrine.
Auteur d'un ouvrage intitulé Eternelle Turquie !, paru presqu'à la même date que Turquie agonisante de Pierre Loti, journaliste, correspondant de guerre pour certains journaux parisiens (L'Aurore, Le Temps, Revue des deux mondes...), A. Torcom a servi dans les armées bulgare, russe, grecque et arménienne : une vie hors du commun, totalement dévouée à l'émancipation de son peuple du joug ottoman et à l'indépendance de l'Arménie.
Le texte d'un grand intérêt basé sur des recherches effectuées durant plus de cinq ans, relate l'Affaire Pierre Loti-Archag Torcom qui n'est que très vaguement connue par les spécialistes de Pierre Loti eux-mêmes, et la plupart des documents utilisés par Nazareth Topalian sont inédits ou fort peu connus.