Enlisées dans la crise ouverte au début des années 1980, les villes haïtiennes débordent d'activités informelles : travail indépendant, artisanat de «proximité», commerce de rue, etc. Cet ouvrage tente de mettre au jour les caractéristiques des activités informelles de Port-au-Prince comme formes d'emploi et comme unités économiques non enregistrées, non cataloguées, non fiscalisées.
L'informalité juridique contribue à la segmentation de la population laborieuse. Le mode d'insertion économique des activités et des entreprises informelles est marqué par une certaine autonomie vis-à-vis des entreprises formelles, posant ainsi la question de la cohésion sociale. Aussi, la distance de la population à l'égard des pouvoirs publics remet en cause la gestion étatique de la société issue du compromis rentier entre l'Etat et le capital. Elle appelle la mise en place d'un autre régime socio-démographique où l'Etat définirait un nouveau cadre politique et institutionnel de reproduction sociale et de régulation économique.
Les thèses présentées dans ce livre sont fondées sur un long et riche travail d'enquête auprès des ménages, des travailleurs et des chefs d'entreprises informelles.