Depuis plus d'une décennie, l'Algérie est sous les feux de l'actualité. La crise qu'elle traverse a de multiples facettes. La dimension économique et sociale y tient sans aucun doute une grande part.
Rompant avec l'industrialisation massive, les transformations subies par l'économie algérienne depuis la fin des années 70 sont à l'origine d'une véritable mutation de toute la société, vers la fameuse «économie de marché». Les restructurations successives engagées dans les entreprises publiques sont au cœur des réformes. La crise frappe particulièrement l'industrie : chutes des productions, aggravation de la dépendance extérieure, dégradation des équipements jusqu'à l'arrêt des machines... Les conséquences sociales et territoriales sont redoutables : licenciements par milliers et chômage croissant, dissolution d'entreprises, abandon d'activités, faiblesse du pouvoir d'achat et pauvreté, renforcement des inégalités régionales, essor de l'informel.
Le désengagement accéléré de l'Etat diminue de fait sa légitimité. Au profit de qui s'exerce-t-il ? Et pour quelle politique économique et sociale ?
Alors que les entreprises publiques sont promises à la privatisation (ou au bradage), ce travail ambitionne de faire le point sur la part du contexte international dans la crise, l'état du secteur industriel, ses insuffisances, ses besoins, ainsi que les positions des plus concernés, salariés et gestionnaires.