Lorsque les Français débarquèrent en Nouvelle-Calédonie
pour se l'approprier, il y a juste 150 ans, ils
trouvèrent des indigènes divisés en clans, les
Canaques, réputés pour leur cannibalisme. Ils firent de
cette île d'abord un lieu de déportation. Après la
Commune, ils y déportèrent les insurgés survivants,
dont Louise Michel, qui la première se pencha sur les
coutumes canaques, et transcrivit quelques-uns de
leurs contes oraux. Ces contes, augmentés d'autres
contes recueillis après elle au début du XXème siècle,
forment le présent ouvrage, avec les différents aspects
de cette culture primitive qui les éclairent.
Autrefois, il y a bien longtemps, une tribu était allée
avec ses fils et ses filles au bord de la mer ; elle était
riche aussi. Les jeunes gens sifflaient ayant le coeur
gai, et les jeunes filles riaient, tout le monde mangeait
tous les jours. Il y avait tant de jeunes gens et de
jeunes filles que la tribu parlait de construire un
nouveau village.
Ils se mirent à danser à la lune, mais tout à coup la
montagne s'écroula et couvrit la tribu.
C'est pour cela que, depuis, on ne siffle jamais en
passant sous les rochers. Mais ce n'est pas le
sifflement qui attire la montagne, c'est le bonheur...