Ces histoires, que Léa et Marion m'ont racontées à un an
d'intervalle, m'interrogent. Et si toute relation entre un homme
et une femme, plus simplement et moins exclusivement toute
relation amoureuse, n'était qu'un jeu de miroir... Si l'autre me
renvoie une image de moi-même que je peux accepter, alors la
relation peut se renforcer ; s'il me renvoie une image par trop
négative, s'il ne parvient pas à m'aider dans ma quête identitaire,
parce que son image est trop trouble, alors la relation est
fragilisée et la fuite est inévitable, comme celle de Léa qui accumule
les expériences pour se prouver qu'elle existe et qu'elle
plaît, ou comme celle de Marion qui vit dans les affres de la
jalousie pour un homme qu'elle n'aime pas et qui l'utilise
comme élément stabilisateur dans sa propre quête d'identité.
On peut aussi lire dans l'histoire de Léa celle de Jean,
puisque Léa se jette dans la multiplicité des aventures avec l'envie
effrénée de trouver sa vérité et de découvrir sa propre identité.
On peut enfin lire l'histoire de Léa et celle de Marion
comme deux histoires complémentaires et imaginer que chacune
représente un volet différent de la même personnalité. Le livre
serait un diptyque que l'on pourrait lire indifféremment de gauche
à droite ou de droite à gauche.