Dans le creux de ma main ne déroge pas à la fonction
première de la poésie : il donne corps à la parole. A Haute
voix, Dire Non et Je vis sont les trois sections qui composent ce
recueil, mais ils constituent surtout les mots indispensables à
cette sorte de chiromancie. Lire dans les lignes de la main la
vérité du monde, c'est - pour le Poète - prévoir les attaques
des tempêtes, ériger la parole en brise-vent et chanter, encore
et toujours, dans la jubilation du corps et de l'esprit.
«Entre nous l'isthme se prolonge. La parole qui fut jadis s'est tue.
Quelques broussailles te couvrent le visage
Quelques toiles te masquent la face
Entre nous se prolonge le strident silence et la parole qui fut se ramollit,
La roche écarlate se dissout taillée par le vent, la pluie et les vagues
Alors, l'effluve se faufile entre le fruit et sa chair. L'isthme se prolonge jusqu'à
l'affliction.
Je guette le sens dans l'aurore...»