Cet ouvrage réunit les travaux de sociologues ayant apprivoisé la
gestion, son vocabulaire, ses outils, ses démarches... Ces éléments
disparates, fortement articulés les uns aux autres dans les pratiques
managériales concrètes, forment des dispositifs qui constituent l'objet
d'analyse central de l'ouvrage. Issus de recherches empiriques, les
textes rassemblés ici rappellent que toute «technique de gestion» est
une construction socio-historique dont la nécessité n'a rien d'absolu.
L'intérêt d'une telle posture est de montrer que les choix de gestion et
les instruments développés pour les déployer dans l'entreprise ou
l'organisation ont leur source dans des jeux sociaux dont l'essence
fondamentale est d'ordre politique. La déconstruction des dispositifs de
gestion révèle ainsi les soubassements et appropriations politiques dans
lesquels tout acte de gestion se trouve engagé, loin des visées
optimatrices que leur prête le discours managérial. Dans cette
perspective, les choix de gestion ne peuvent plus être vus comme le
fruit d'une rationalité technique, économique ou organisationnelle
parfaite et surplombante, mais comme le produit de la rencontre
aléatoire des rationalités croisées des membres de l'organisation.
Avec l'étude des dispositifs de gestion, l'analyse sociologique
retrouve et approfondit les principes d'une approche des organisations
centrée sur les acteurs et leurs interactions, en les replaçant dans le
cadre naturel qui est le leur, celui de structures de part en part animées
par des instruments et des techniques chargés d'organiser les activités.