Bouleversé par l'incendie de la bibliothèque de Bagdad lors de l'invasion américaine de l'Irak, le poète Khal Torabully lance un appel à textes pressant à des auteurs.
Que dire devant la destruction d'une partie essentielle de la mémoire de l'humanité?
Très tôt, des poètes tels que Philippe Tancelin, Marc Quaghebeur, Nathaniel Tarn, Rosa Alice Branco, Andrew Fincham, Val Warner, Paul Dakeyo, A. Waberi, Geneviève Clancy, Rosemarie Racine, Hédi Bouraoui, Evelyne Accad, Tanella Boni, Daniella Crasnaru, Nathalie Stephens, Anne Beresford, Mourad Yelles, Ottavio Rossani, Lise Carducci, Lysette Brochu, Georges Mathieu de Laserve, Auxeméry, Jorge Urrutia, Clara Janès, Daouda Ndiaye, José Carlos Najar Rodriguez, Ahmed Ben Dhiab, Simon Moleke Njie, Paul Polansky... et d'autres acteurs culturels ont répondu présents à cette nécessaire parole poétique dans un monde voleur de mots. Plus que jamais, il faut dire le Divers, pour garder au monde son livre.
«Ramener le livre à l'Arbre de Vie, relire le Livre du Monde. Rappeler le livre comme trait d'union si fort entre nous et les autres. Le relier...
D'autant plus que c'est à Bagdad que fut traduit l'essentiel des textes gréco-romains, textes fondateurs à la fois du monde arabomusulman et de la chrétienté. Textes transmis à l'Europe pour sa Renaissance. Le lien de l'imaginaire et du savoir est si fort entre l'Orient et la «vieille Europe» qu'il est essentiel de relire/relier ces textes fondateurs communs, pour ne pas opposer faussement Orient et Occident...
Les livres sont des ponts à préserver entre l'Euphrate et les mondes.
Il faut les opposer comme refus absolu face à la cendre des mots.»