Gens de mer, gens de rivière en Gironde au vingtième siècle nous
conte des vies tout entières vouées au fleuve Garonne devenant
Gironde. Il nous parle de ce qu'il a partagé avec ces femmes, ces
hommes qui l'ont côtoyé quotidiennement s'en servant pour commercer,
se nourrir, s'amuser, découvrir tout en le servant lorsqu'ils structuraient
ses berges, draguaient son lit...
Lamaneurs, capitaines, femmes de marins, gardiens de phares,
pêcheurs professionnels ou de fortune, riverains, dockers, plaisanciers,
pilotes et bien d'autres encore... Tous ont aimé le fleuve, tous l'ont fréquenté
si souvent...
Le cours d'eau aujourd'hui paisible se charge lentement de remorqueurs,
de grues flottantes, d'impressionnantes dragues à godets, les
mangeuses d'hommes, de pilotes accompagnant jusqu'au port de somptueux
transatlantiques... Les quais débordent de marchandises, partout
des hommes s'interpellent, se saluent, des jeunes gens viennent voir sur
les quais et les berges bruyants et enfumés ce qu'ils seront demain !
Les plus âgés se rappellent ces relations que les hommes ont entretenues
avec le fleuve, le dévoilant dans ces fragments de culture extraits
de leur mémoire comme un minerai. Cette parole devient ici un authentique
bien patrimonial.