Un combattant de la liberté fait le récit de son enfance et de
son adolescence qui se déroulent comme un film dans lequel
tous les personnages interagissent dans la verticalité et l'horizontalité
de la société coloniale autour d'une école primaire et
d'un collège secondaire du Cameroun.
Les situations et les événements qui sont relatés, cérémonie
du 14 juillet et fête de la fin de la deuxième guerre mondiale
dans le village de Bangangté, culture de «la brimade» à l'Ecole
primaire supérieure de Yaoundé et vacances scolaires à Abam,
par exemple, sont des repères pour aider à comprendre l'environnement
familial, éducatif, culturel et social d'écoliers et de
collégiens africains pendant la seconde guerre mondiale et au
lendemain de celle-ci dans la colonie française.
Au terme de ce récit, il apparaît que la société coloniale
prend le colonisé dès sa naissance et l'emprisonne graduellement
dans des institutions et des valeurs nouvelles, étranges et
étrangères qui l'amènent à se séparer ou à s'exclure inconsciemment
des normes d'éthique et d'esthétique de son milieu
d'origine, et à se lancer dans une compétition avec les siens. Ce
faisant, il s'enferme davantage, sans comprendre, dans les filets
du système colonial.
Le récit est un hommage à sept adolescents qui furent des
pionniers et des résistants dans le collège où eut lieu l'unique
expérience de mixité d'élèves africains et français au Cameroun.
C'est aussi un hommage à ceux des professeurs français de ce
collège qui, à travers leurs méthodes d'enseignement, se désolidarisèrent
du totalitarisme colonial, rendant ainsi au savoir, sa
principale qualité de noblesse, et au peuple de leur pays, sa tradition
de liberté.