Dans la Martinique des années cinquante, la jeune Marie
mène une existence heureuse. Une mère énergique qui organise
d'une main ferme la vie familiale, un père travailleur et plein de
gentillesse : malgré une grande pauvreté, les neuf enfants profitent
pleinement de leurs jeunes années. La nature est généreuse :
les fruits abondent ; grâce à la pêche, aux «coups de senne»,
poissons et crabes sont souvent au menu. Et il y a les baignades,
en bord de mer ou dans les rivières qui courent dans la campagne,
les fêtes du bourg de Sainte-Marie.
Mais les adultes, eux, savent que l'avenir de leurs enfants ne
se présente pas sous les meilleurs auspices. Une grande partie de
la population est au chômage ou doit se contenter de petits
«jobs». Beaucoup d'Antillais partent pour la France. Marie y
est elle aussi envoyée, à l'âge de quinze ans, comme employée
de maison. Elle se trouve confrontée à une société dont elle
ignore tout, dans un environnement hostile. Elle devra travailler
dur, passer d'un emploi à un autre, d'un hébergement précaire à
un autre, chez ses employeurs, ou dans sa famille, avant de parvenir
à vivre de façon indépendante.