En 1945, la France renaît de ses cendres. L'École repart à
neuf. L'enseignement se démocratise.
Le Ministère de l'Éducation Nationale crée deux cents
«classes nouvelles» où sont testées des innovations. L'une est
créée à Tours dès 1945 au lycée de jeunes filles, le Lycée Balzac.
Une cinquantaine d'années plus tard, des anciennes élèves de
ces classes - la promotion 1948-1952 - se retrouvent au lycée
Balzac. Les «classes nouvelles» ont disparu. En échangeant
leurs souvenirs, quelques-unes de ces anciennes - filles de la
seconde guerre mondiale - se rendent compte qu'elles ont bénéficié
d'une expérience exceptionnelle.
Seraient-elles devenues les femmes qu'elles sont aujourd'hui
si elles n'avaient profité de ces innovations pédagogiques ?
Répondre à cette question leur est devenu une exigence. C'est la
raison d'être de ce recueil de témoignages, à l'heure où l'on
s'interroge sur l'avenir des établissements d'enseignement et sur
l'éducation de l'enfant dans notre société.
Cette écriture a été pour plusieurs l'occasion de l'émergence
d'une conscience plus vive de l'importance des apprentissages
qui ne finissent jamais. Vive le gai-savoir, cette belle expression
puisée dans la poésie des troubadours du Moyen-Âge et que
Rabelais, ce Tourangeau bien connu, chantait dans la bouche de
Grandgousier :
«Oh ! [...] que tu es plein de bon sens, [...] un de ces jours
je te ferai passer docteur en gai-savoir, pardieu !...»