La vie des associations créées par les migrants est indissociable de
l'histoire migratoire elle-même. Elle se développe au fil du temps : dans de
nombreux pays occidentaux, on assiste à un foisonnement des activités des
associations de migrants comme on observe une intensification de la
fréquentation de ces structures. La participation sociale à travers leurs
associations apparaît pour les citoyens issus de l'immigration comme étant un
facteur important d'acculturation, un lieu de ressourcement identitaire et une
oeuvre de solidarité. Les activités des associations sont également l'occasion
de s'initier aux pratiques démocratiques et une source d'occupation pour une
catégorie de la population exclue du marché de l'emploi. Le présent ouvrage
détaille les résultats d'un travail d'enquête portant sur les acteurs de la vie
associative originaires notamment de Turquie, du Maghreb et d'Afrique noire,
présents entre autres en Belgique, en France et au Canada. L'observation porte
en particulier sur les rapports entre associations d'immigrants et divers
niveaux de pouvoir des pays d'accueil. Dans la plupart des cas envisagés dans
ce livre, les associations des populations issues de l'immigration sont
caractérisées par leur manque de ressources humaines et matérielles ainsi que
par l'absence de partenaires politiques. Malgré ces difficultés, les associations
créées par les immigrés ou leurs enfants restent une des expressions culturelles
les plus importantes de ces communautés transplantées dont les sociétés
peuvent tirer bénéfice pour s'enrichir et se diversifier.