Les pratiques sportives sont actuellement l'objet de multiples enquêtes sociologiques,
ethnographiques et socio-historiques. Pour rendre compte des régularités
des pratiques sportives, des modes d'interaction entre les pratiquants, de la
construction de l'identité des uns face aux autres, ou des routines développées
dans le cours de l'action, les chercheurs et les étudiants en thèse ont mobilisé
divers modèles sociologiques et construit des analyses dont ils ont échangé la
teneur au cours d'un colloque organisé à Toulouse en 2002.
Un ensemble de travaux fait appel à la notion de dispositions acquises dans
le cours de la socialisation sportive, en se référant à la sociologie de Pierre
Bourdieu et aux concepts d'habitus et de champ. Un second groupe procède à des
observations ethnographiques de pratiquants en situation et dégage une série de
traits qui permettent de comprendre l'économie des échanges symboliques entre
participants, ou entre eux et les spectateurs. Une troisième série de travaux aborde
les processus de «professionnalisation» à l'oeuvre dans les sports qui ont maintenu
jusque dans les années quatre-vingt les principes de l'amateurisme, et qui se
trouvent actuellement engagés dans une monétisation des performances et dans
la définition d'un métier de sportif rémunéré. Enfin, quelques recherches prennent
pour objet des différends au sein de l'espace sportif et analysent comment ils
se transforment en «affaires» et comment divers acteurs sont impliqués autour
de ces questions sportives conflictuelles (dopage, hooliganisme). De multiples
sports sont traités dans ces analyses, depuis les plus classiques ; comme le football
et l'athlétisme, jusqu'aux pratiques de pleine nature et aux derniers sports à
la mode. Féminisation des publics pratiquants, émigration dans les disciplines les
plus astreignantes, clivages dans les représentations sociales, etc., divers genres
de dynamiques sont identifiés et font l'objet d'analyses compréhensives.