La «démocratie participative» est à la mode depuis les élections
régionales du printemps 2004 : ne sera-ce qu'une formule
creuse de plus ou prendra-t-elle un contenu qui permettra de sortir
par le haut de la crise politique actuelle ? La réponse dépendra
beaucoup de l'utilisation de l'évaluation. Car quand les élus décident
une expérience de concertation (à tous les niveaux territoriaux),
soit il ne s'agit en fait que d'une simple consultation sans
consistance, soit les différents acteurs concernés commencent à
débattre des objectifs et des résultats. L'évaluation peut alors être
utilisée comme outil de concertation, d'articulation avec le processus
de décision. L'évaluation démocratique, en permettant d'articuler,
d'intégrer débat et décision, est un enjeu central parce qu'elle
ouvre la perspective d'une démocratie délibérative, alternative à la
«monarchie républicaine» actuelle. Présenter, dans différentes
activités de service public, de telles expériences de concertation,
analyser leurs acquis et leurs limites, tel est l'objet de ce livre. Il
montre que l'évaluation sert aujourd'hui surtout à comprendre les
résistances que suscite l'aspiration à son appropriation démocratique
(monarchisme de beaucoup d'élus-décideurs, corporatisme
des appareils, étatisme des institutions) ; il esquisse aussi le
contenu d'une alliance stratégique entre acteurs (citoyens, associatifs,
syndicalistes, élus) pour dépasser ces résistances.