Ce 24 Avril, elle est venue, violente, déchaînée et glaciale...
Combien de temps cela dura-t-il ? Peut-être une demi-heure, plutôt
moins, allongée d'une pluie douce et reposante. Puis ce fut le calme
complet, la toiture avait tenu, elle se reposait de son excitation... Plus
un seul sac plastique dans les rues, tous emportés dans le marigot ; le
balai céleste était passé par là, remplaçant l'homme dans son
infortune. Le thermomètre indiquait 24°C et nous avons eu froid...
Il n'est pas possible d'aborder le problème du développement, sans
connaître le milieu, les conditions de vie, les us et coutumes des
peuples concernés ; ce qui implique d'avoir le corps et l'esprit libres,
tout son temps pour écouter, regarder, échanger et enregistrer.
Au Burkina, pour beaucoup et peut-être encore plus auprès de
certains groupements existants, les mots : engagement, gestion,
curiosité, information, déplacement, développement n'ont d'écho
qu'avec «blancs» et surtout «argent des blancs»... Il faut aussi
savoir qu'à chaque fois que nous agissons, que nous posons un acte
dans ce pays, il y a un risque de collaboration et d'allégeance à un état
d'infantilisation, d'irresponsabilisation et donc de domination.
Les Africains se doivent d'imaginer leur développement en
fonction de leurs possibilités qui sont loin d'être négligeables.
Comment construire un monde plus juste, plus équitable ; un monde
où l'homme serait l'élément moteur de son propre destin.