De la colonisation de l'Australie à la fin du XVIIIe siècle jusqu'en 1967 les
Aborigènes étaient exclus de la vie politique australienne. Depuis le référendum de
1967 l'État peut légiférer en matière d'affaires autochtones. Les Aborigènes, qui
représentent environ 2 % de la population, sont presque absents des institutions
politiques australiennes, ils sont relégués à une place déterminée par le
gouvernement à l'intérieur du système politique australien. Les revendications des
activistes politiques aborigènes sont détournées par le gouvernement vers ses
propres choix politiques. En réponse aux demandes d'autodétermination, des
institutions aborigènes gouvernementales ont été imposées. Celles-ci étaient
censées participer aux prises de décision mais le gouvernement les contrôle et
exprime clairement son désaccord lorsqu'elles prennent des initiatives. Face aux
revendications pour un traité, le gouvernement a également imposé sa priorité et sa
manière de négocier, la Réconciliation.
Néanmoins, militants et leaders Aborigènes militent toujours pour le droit à
l'autodétermination, la reconnaissance de la souveraineté aborigène ou encore la
négociation d'un traité. Certains ont trouvé des moyens de contourner la
marginalisation en se servant des outils politiques imposés par le gouvernement.
D'autres tentent d'obtenir une avancée des droits en créant des mouvements
contestataires, comme le Gouvernement Aborigène Provisoire qui menace de mettre
en place un État aborigène. D'autres encore choisissent d'agir sur le système en
faisant pression sur le gouvernement par le biais des instances onusiennes.
A travers l'étude de la marginalisation des Aborigènes dans le systèmes
politique australien et des réponses à cette marginalisation on observe que les
revendications aborigènes pour une reconnaissance politique participent à un
processus de définition identitaire, un besoin de reconnaissance de l'identité
aborigène.