Ce livre éclaire la question du recrutement des élites politiques et
administratives à travers une analyse des liens sociaux. Il prend l'exemple
d'un pays d'Afrique subsaharienne : le Gabon. Sans nier l'élément ethnique
qui participe, d'une certaine manière, aux nominations et au recrutement
individuel, l'analyse proposée ici met en évidence l'existence de liens sociaux
non ethniques qui expliquent le recrutement des élites. Il s'agit en particulier
d'interroger la place faite à la dimension ethnique dans l'ensemble des formes
de liens sociaux, sans postuler sa prépondérance ou son insignifiance.
En suivant les relations mobilisées par les élites politico-administratives
cet ouvrage montre que le lien ethnique (ou communautaire) comme lien
isolé, et à travers lui l'ethnicité, est une ressource latente. Le lien ethnique
devient un lien actif dans le recrutement politique ou la nomination
administrative individuelle dès que s'ajoute un lien social supplémentaire qui
généralement se situe en dehors de l'affinité ethnique comme le lien d'amitié
construit durant les études, et fondé sur la fréquentation d'entités collectives.
A ce lien s'ajoute des liens sociaux aussi divers que le lien fraternel construit
dans des entités comme la franc-maçonnerie, le lien de parenté ou encore le
lien avec les notables locaux.
L'étude des chemins de la carrière politique à travers les parcours de
formation communs aux hommes politiques et aux personnalités haut placées
de l'administration publique, met en relief leur unité aux sommets de l'Etat,
à l'aune de laquelle s'interprète leur faible circulation, conséquence d'une
sociabilité similaire.
Cet ouvrage tente de comprendre, pour l'Afrique subsaharienne plus
généralement et pour le cas du Gabon en particulier, les manières d'intégrer la
vie politique et la haute administration. Il insiste sur la construction complexe
qui combine le cercle social, le capital relationnel disponible et les liens
sociaux.