«Les quatre nouvelles ici présentées, sont quatre
tranches de l'histoire de l'Iran. Le destin, l'amour, l'obsession
et la souffrance sont les sujets de ces histoires ; et malgré
leurs tailles, leurs formes et leurs styles différents, elles
nous plongent dans cette société au cours des deux derniers
siècles.
La première nouvelle, «Le corbeau et la tête coupée»,
se passe à la fin du dix-huitième siècle, dans un pays tourmenté
par les guerres et les rébellions, un siècle encore
moyenâgeux et très violent. On voit comment dans un coin
perdu, la vie d'un messager royal s'achève sans qu'il puisse
éviter son destin.
Dans la deuxième nouvelle, «La maison des pigeons»,
nous sommes témoins d'un étrange amour entre une dame
«farangi» (européenne) et un aristocrate iranien. On est dans
les années 1880 et l'influence des Européens est déjà perceptible.
L'homme, assez traditionnel, déjà à l'âge mûr, trois fois
marié, est bouleversé par cette relation qui lui échappe ; la
femme quant à elle, a l'occasion de pénétrer dans la profondeur
de l'âme et la vie secrète des Iraniens, au cours d'un
voyage autant géographique que spirituel.
Dans «Le chimpanzé», d'une façon à la fois comique et
tragique, un professeur de théologie, simpliste et fanatique,
rencontre le darwinisme. L'histoire se déroule dans les années
1960 et le pays est en train de se moderniser.
Enfin le dernier récit est inspiré d'une histoire vraie :
«La fuite» d'un militant iranien de son pays déchiré par la
révolution islamique. L'histoire raconte la violence politique
et la répression qui dominent cette époque. En même temps,
on assiste à un drame personnel et sentimental. Le héros ne
fuit pas seulement sa patrie : il se libère de lui-même, de sa
vie privée, de ses illusions et de ses croyances. C'est l'histoire
plus ou moins commune à des milliers de réfugiés iraniens
des années 80.»