La gestion des ressources humaines (GRH) est à la fois une
pratique sociale et une matière d'enseignement académique.
Comme pratique sociale dans les entreprises, elle fait presque
partie de la gestion. La gestion est un système incomplet de
représentation des activités de l'entreprise dont la forme
exclusivement quantitative n'est peut-être pas la plus adaptée
pour comprendre les phénomènes humains.
Comme matière d'enseignement et de recherche, elle se promène
entre plusieurs champs scientifiques dans l'espoir, comme toute
réflexion humaine, de devenir une discipline à part entière. Son
appartenance et sa reconnaissance dans la gestion comme dans la
sociologie ne sont pas complètes.
Le choix des méthodes et des vocabulaires de la GRH est le
reflet d'un mode de pensée qui participe à la difficulté de
compréhension des phénomènes humains dans les organisations.
On ne gère pas des hommes comme de simples marchandises ou
alors on veut les considérer comme de simples marchandises.
Une ressource s'exploite, se gère, quand elle est humaine, ce
traitement n'est pas toujours adapté.
La GRH est ce paradoxe de la découverte tardive de l'existence
du facteur humain dans le travail pour le réduire à une variable
économique équivalente aux autres.
Entre les nécessités qualitatives et les modélisations chiffrées,
l'humain a du mal à trouver sa place dans l'organisation.
Cette interrogation sur la GRH, menée par un observateur
spécialisé (sociologue) qui est aussi dirigeant d'entreprises publiques
et privées conduit à une position critique sur une conceptualisation
qui traite l'homme comme une ressource quantifiable.
Une approche différente est nécessaire.