L'introduction de la technologie nucléaire en Iran s'est faite à l'initiative
des États-Unis en 1957, dans le cadre du programme «Atomes pour la
Paix», alors même que l'Iran de l'époque n'avait aucunement besoin de cette
technologie. Un demi-siècle plus tard, cette technologie a fourni à ce pays
un moyen de dissuasion contre les Etats-Unis : l'atome paradoxalement sert
pour la «paix en Iran».
La divulgation de sa capacité d'enrichissement de l'uranium a donné à
l'Iran deux atouts essentiels : installer une «dissuasion virtuelle» contre une
invasion américaine, et servir de moyen de négociation pour faire fonctionner
ses réacteurs civils après trente ans d'obstruction de la part des États-Unis.
La position délicate des États-Unis en Irak, son désaccord avec les autres
membres du Conseil de Sécurité, et son impopularité croissante auprès des
nations du Golfe, ont renforcé la position de l'Iran et lui ont permis de faire
tomber les derniers obstacles au fonctionnement de son industrie nucléaire
civile.
Le présent ouvrage éclaire la politique de la République islamique en la
resituant dans la continuité de celle du Shah. Il prédit l'absence de
changement de la politique nucléaire de l'Iran sous la présidence de
M. Ahmadinejad. Sa continuité sous le régime Pahlavi, puis dans le cadre de
la République islamique, est la preuve même qu'elle ne dépend ni de
l'idéologie ni de facteurs internes.
Ce texte est la première étude exhaustive sur le programme nucléaire de
l'Iran : elle se distingue par sa richesse historique, qui dépasse le cadre de
l'Iran, et rend compréhensible l'évolution du fait nucléaire à travers le
monde.