Dans une région aride et montagneuse où même la vie
s'arrache les cheveux pour vivre, deux jeunes gens, Jamila et
Mokhtar, entament une aventure amoureuse que consolide
l'entrée dans une grotte interdite. Mais comme il n'y a de
paradis que perdus, tout cède dans un monde régi par l'argent,
la violence et la négation de l'autre, un monde où des masses
d'hommes et de femmes, pour survivre ou pour être libres,
luttent à mourir, comme si elles étaient en trop. C'est cette
exclusion, cette sous-existence douloureuse, cette existence
au noir que l'auteur essaie de peindre ici, l'espoir déteint et les
mots amers. C'est le constat d'un meurtre social institutionnalisé.
Heureusement, l'humour, l'ironie, la caricature, le
comique et le poétique essaient de modifier ce triste paysage.
En appréhendant le réel sous une forme esthétique, ils atténuent
la transitivité nocive et agressive de sa férocité.